Mal nommer
les choses, c'est ajouter

au malheur du monde.

Albert Camus.


mardi 31 juillet 2007

Lettre 1: printemps 2007


Dans
Images, deux albums: Jambes de Sicile et Sicile 2007.
Dans
Italiana, un court récit, Pour mémoire, préface à ma traduction du premier roman de Luigi Pirandello, Le Tour de rôle, suivi d'une lettre à Leonardo Sciascia du 3 novembre 1989...
La politique nous confronte aux
Avertissements de Londres et de Glasgow, des attentats qui n'ont rien d'attentats manqués, et aux événements d'Islamabad. Quant au Monde, il nous mène De Perec à Recep, à propos des législatives anticipées en Turquie.
Dans
Les Goûts Réunis, s'ajoutent aux
Entrées les recettes de la sicilienne caponata et du florentin cibreo, et s'ouvre l'inépuisable saga des pâtes: la recette des pâtes fraîches, une présentation générale qui donnera la pleine mesure du problème abordé, et l'essentiel du chapitre sur les pâtes à la viande: l'altière amatriciana, l'opulente bolognese, la matricielle carbonara, une fantaisie fort peu responsable autour du cibreo, et l'impossible pagliata du Testaccio. À suivre donc.

mardi 24 juillet 2007

De Perec à Recep, via "Le Monde"


Je me souviens, dirait Perec: Recep Tayyip Erdogan était maire d'Istanbul en 1994. En 1997, Il fut condamné à quatre mois de prison et à la privation de ses droits politiques sur la base d'un de ses poèmes: "Les mosquées sont nos casernes, les minarets nos baïonnettes, les dômes nos casques, et les fidèles nos soldats". C'est aussi la période où son parti, l'islamiste Refah, dut, sous la pression de l'armée demeurée kémaliste, quitter le pouvoir qu'il détenait depuis 1995. De la dissolution du Refah naquit en 2001 l'actuel AKP qui remporta les législatives et 2002 et modifia la loi en 2003 de façon à rendre son dirigeant Erdogan éligible. Erdogan a pourtant prévenu dès juillet 1996: "Pour nous, la démocratie n’est pas un objectif mais un moyen. (...) Mais notre référence est l’islam. Nous ne voulons pas agir à l’encontre de notre référence. Nous n’avons pas créé la démocratie en Turquie. Ce sont ceux qui sont contre nous qui l’ont créée. Pour nous, la démocratie est un moyen comme un tramway. Nous prendrons ce tram et nous nous dirigerons vers notre objectif (1)". Afin de pouvoir élire un nouveau président au suffrage universel, probablement islamiste lui aussi malgré les actuelles dénégations purement tactiques, il faut à présent changer la Constitution. Voilà ce qui me revient en tête lorsque, une fois encore dans cette stupéfiante unisson, notre chœur des journalistes voit dans les résultats de ces législatives anticipées la preuve de "volonté de réformes et d'avancées démocratiques" populaires, opposée aux "peurs des élites laïques (...) d'un agenda islamiste caché", selon les expressions relevées dans le fort représentatif éditorial du Monde reproduit intégralement en annexe ci-dessous, tant le ton est le même ces jours-ci dans tous les média importants. À force d'être espérée, souhaitée, rêvée, la preuve est enfin palpable que "la Turquie progresse et se normalise", ce qui se voit à ce fait remarquable que les sondages avaient prévu le résultat.

Enfin, pour l'élite médiatique, pour les autorités européennes, pour les marchés financiers, pour nos gouvernants de droite et de gauche, tous soulagés par l'aubaine, il peut exister un islamisme modéré: il y a bien depuis longtemps en Europe des partis démocrates-chrétiens, pourquoi n'y aurait-il pas aujourd'hui un parti démocrate-musulman? Cette double question mérite en effet d'être posée. Sans se dispenser du difficile dilemme que pose la question de l'entrée de ce pays dans l'Union, proposition historique qu'il convient en effet de ne pas simplifier ni de soumettre à un pur champ de passions, mais de mesurer les conséquences qui, dans un sens comme dans l'autre, ne manqueront pas d'être immenses pour l'Europe et pour la Turquie, et donc d'une certaine façon pour le monde. Mais aujourd'hui, en France, lisant Le Monde et tous nos veilleurs de démocraties, avec les élites laïques, m'efforçant d'en rester à ce que parler veut dire, je me trouve soudain sommairement rejeté dans le camp des adversaires des réformes et des avancées démocratiques et européennes, tant je demeure convaincu en effet de la réalité de ce fameux agenda.

1. Dans le journal Milliyet, 14 juillet 1996. Sur l'islam modéré en Turquie, lire cet article de Mustafa Pekoz: Le régime politique et ses stratégies de lutte pour l'islam en Turquie: "Charia et djihad".

Annexe:
Texte intégral de l'éditorial du
Monde
en date du 24 juillet 2007.


"La Turquie progresse et se normalise. Un signe ne trompe pas : pour la première fois dans ce pays, les sondages publiés avant les élections législatives du 22 juillet avaient vu juste, avec la victoire annoncée du Parti de la justice et du développement (AKP) du premier ministre Recep Tayyip Erdogan. La vie politique turque est devenue prévisible.

"Contrairement aux peurs des élites laïques du pays, la nette victoire de l'AKP "ex-islamiste" ne signifie pas qu'il aura les mains libres pour appliquer un quelconque "agenda islamiste caché". D'abord parce que l'AKP s'est encore recentré durant la campagne électorale. Ensuite parce qu'il n'atteint pas seul le seuil des deux tiers des sièges nécessaires pour élire le président de la République. M. Erdogan aura une raison pour résister à sa base, qui veut voir à ce poste un "homme pieux", le ministre des affaires étrangères, Abdullah Gül, et non un président de compromis agréé par l'armée, gardienne du kémalisme et de la laïcité.

"Bien sûr, le chef de l'AKP a mené campagne sur le thème de la revanche à prendre après "l'humiliation infligée au peuple" par l'armée. Cette armée qui a bloqué l'élection de M. Gül en raison du foulard porté par son épouse – à l'instar de plus de 60 % des femmes du pays. Mais, dès les résultats connus, M. Erdogan a tenu un discours conciliant, promettant stabilité, sécurité et respect des "différences". Il s'est bien gardé de répondre à la foule qui scandait le nom de M. Gül, gardant le silence sur la question de la présidence.

"La nette victoire de l'AKP permet aussi de tenir en lisière au Parlement les "Loups gris", ultranationalistes du Parti du mouvement national (MHP). Et si les nationalistes kurdes du Parti de la société démocratique (DTP), proches du PKK, séparatiste, font leur entrée dans l'enceinte parlementaire, ils n'ont guère prétexte à pavoiser : les 42 % de voix de l'AKP dans la"capitale" kurde, Diyarbakir, montrent que la population, lasse du conflit, veut la stabilité. Ces résultats devraient renforcer M. Erdogan dans son opposition à toute aventure militaire dans le nord de l'Irak, un scénario prôné par des généraux et la plupart des médias turcs au point d'apparaître inévitable.

"M. Erdogan a par ailleurs clairement annoncé "la poursuite du chemin européen" de la Turquie. Au sein de l'Union européenne, les opposants aux négociations avec la Turquie, à défaut d'un soutien à l'adhésion, devraient au moins mettre en sourdine leurs déclarations de rejet. Les Turcs, de plus en plus sceptiques envers l'Europe, ont voté pour le parti le plus pro-européen du pays. Que l'AKP soit un mouvement "ex-islamiste" ou "islamo-conservateur" peut déplaire au sein de l'UE, mais la volonté de réformes et d'avancées démocratiques des Turcs doit être respectée."

© Photographie: Mathilde's cuisine: le tram remonte l'avenue de l'Istiqlal à Istanbul.

lundi 16 juillet 2007

Après l'assaut, à Islamabad





Pour toute réflexion sur les graves événements de la Mosquée Rouge qui démontrent, s'il en était besoin que le Pakistan, avec le Maroc (dont le nom, Maghreb, veut dire "Occident"), est un maillon faible en voie d'irakisation devant l'islamisme, la langue de bois de journalistes politiques, autoproclamés analystes ou spécialistes (1), met en avant, avec une remarquable insistance, la responsabilité historique des États-Unis dans l'existence du mouvement islamiste mondial, au prétexte qu'ils l'ont encouragé et se sont appuyés sur lui lors de la guerre en Afghanistan contre l'Union Soviétique, une guerre dont pourtant personne n'ose déclarer ouvertement qu'elle n'était pas nécessaire, les mêmes oubliant par ailleurs de stigmatiser les doubles jeux d'hier et d'aujourd'hui des gouvernants pakistanais dans l'actuel conflit d'Afghanistan et la protection de Ben Laden. Le monstre engendré par l'impérialisme US se retournerait en quelque sorte contre lui. Et voilà qu'à BFM (toujours pour l'exemple, mais pertinent), l'un des journalistes trouve même à ce retournement un nom censé nous glacer d'effroi: "le syndrome de Frankenstein". Nommer n'est pas encore penser.

Notons d'abord que, par la voix autorisée de son numéro deux,
Al-Qaîda précise, sans métaphore, un tout autre type de rapports avec les États-Unis et le reste du monde: "Musharraf et ses chiens vous ont déshonorés au service des croisés et des juifs [...] Musulmans du Pakistan, maintenant vous devez soutenir les moudjahidin en Afghanistan. Il n'y aura pas de salut pour vous en dehors du djihad (2)", déclare Ayman Al-Zawahiri, après l'assaut à la Mosquée Rouge.

Pour en revenir à nos intervenants, n'est-ce pas mépriser l'ennemi, la plus grave des erreurs, que de proposer avec conviction des schémas aussi diluants, qui en rejoignent tant d'autres? Un mouvement qui anime aujourd'hui des dizaines de millions de Musulmans dans tous les pays du monde, musulmans ou non, qui a ses leaders, ses penseurs, ses mouvements de masse, partis, milices organisées et associations de solidarité, ses combattants suprêmes, largement soutenus par les foules, même si, ici ou là, leurs gouvernants prennent des distances de circonstance par rapport à certaines de leurs initiatives, un mouvement qui trouve ses appuis dans plusieurs secteurs politiques et idéologiques de l'ensemble du monde démocratique, que ce soit chez nous des associations comme le MRAP et même comme la LDH, ou les personnalités et organisations racistes et ultra ravageant la gauche en son nom, un tel mouvement ne serait donc qu'une création cynique des USA, dont chacun peut constater avec quelle facilité ils réussissent toujours à imposer à l'Histoire leurs objectifs et leurs plus ou moins sombres desseins. Cela ne vaut pas mieux que d'incriminer la pauvreté comme responsable d'un mouvement de cet ordre, ou d'invoquer des parcours individuels psychologiquement fragiles de quelques fanatiques, qui rappellent tristement la toujours courante affirmation: "Hitler était un fou, ou un monstre pervers".

L'islamisme d'aujourd'hui, — dont les actes de guerre du 11 septembre 2001 survenus en pleine négociation positive israélo-palestinienne et ces actuels événements doivent nous rappeler qu'il n'est né ni au Proche-Orient ni au Maghreb, mais bien d'abord en Asie (Afgahanistan, Pakistan, Cachemire) — l'islamisme d'aujourd'hui n'est ni une réaction ni une folie, ni une perversion, ni un monstre. C'est un mouvement révolutionnaire, ce qui ne veut pas dire qu'il soit
ipso facto progressiste, et que, à ce seul titre, il mérite, par la seule magie du mot, la solidarité d'autres mouvements révolutionnaires à travers le monde, mais c'est une autre histoire. Révolutionnaire: en ce sens qu'il est une totalité politique, idéologique, religieuse et morale; qu'il s'adresse aux valeurs cardinales de son monde et s'adosse aux piliers d'une foi; que, sur cette "base" — Al-Qaïda veut dire "La Base" — il est animé d'une visée universelle; et que, comme tous les totalitarismes (car les mouvements révolutionnaires peuvent en être), il fait miroiter la fort vieille chimère politique et mystique de "l'homme nouveau" partout dans le monde. Certes, ici ou là, des gouvernements dans les pays musulmans disent vouloir s'opposer à cet immense tourbillon, mais chaque crise, chaque événement, petit ou grand, se transforme inéluctablement en déroute pour eux, et en mobilisations plus fortes chez leur supposé adversaire. Qu'on y réfléchisse: il n'est pas un seul conflit armé, pas une seule guerre civile dans le monde, où l'islamisme n'est pas impliqué d'une façon ou d'une autre, ceci ne voulant pas dire qu'il se trouve toujours dans le mauvais camp. Et comme tous les mouvements totalitaires, l'islamisme saura bientôt nouer d'autres opportunes alliances, qui nous paraîtront d'autres monstres, d'autres folies, d'autres perversions, le moment venu: son rapprochement politique et militaire de la Chine, qui réduit aussi hommes et enfants en esclavage, est inéluctable à court terme (l'état actuel de notre monde laisse-t-il place au long terme?). Devant ces enjeux, les journalistes gagneraient en simple dignité à fonder leurs analyses.
Et, pour commencer, il est intellectuellement sain, politiquement urgent de considérer ces forces comme pleinement responsables de leurs projets, de leurs actions, de leurs forces, de leurs leviers, des masses immenses de manœuvre dont elles disposent, et cesser de les considérer comme des résultats passifs de nos propres fautes. C'est encore vouloir se comporter en maîtres, en colonisateurs, en seuls donneurs d'ordre, et interpréter les comportements du reste du monde comme de simples réflexes de grenouille décérébrée, alors qu'il n'en est vraiment rien. Et pour ce qui, en France et dans nos pays proches, nous concerne directement: ces attentats de l'intérieur contre nos institutions
, cette radicalisation de plusieurs mouvements musulmans ou non, cette conquête galopante du tchador, marqueur politique et occultation des identités, la contestation même de "notre" démocratie qui doit céder devant Dieu, ces mises en cause, gouvernements complices, contre cette exception (3) qu'est la laïcité civile et scolaire, cessons de vouloir les déduire mécaniquement de fragilités psychiques, de notre colonisation historique, de l'incapacité où nous serions à fonder l'intégration économique et politique de nos concitoyens musulmans, de la politique répressive d'un gouvernement de droite qu'on peut ne pas adorer, mais qui est, encore heureux, le résultat d'élections rusées, mais honnêtes et régulières et nous renvoyant, elles, à nous-mêmes.

Accordons enfin à l'islamisme mondial, et aux hommes et femmes qui l'animent, la volonté historique, la conscience politique, l'intelligence stratégique dans l'analyse des rapports de force, et dans le choix des initiatives, des cibles et des moyens, l'efficacité d'un discours politique structuré, adapté articulé et cohérent. Le respecter, l'écouter, le prendre aux mots et à leur sérieux: alors seulement, nous aurons constitué devant nous l'ennemi à combattre.



1. Beau monde pourtant à Good morning Week-end, ce dimanche 15 juillet 2007 sur BFM, radio de l'économie, financière et boursière: sous la direction de Fabrice Lundy et avec son collègue Samuël Ziza, parlaient Farid Aïchoune du Nouvel Observateur, Olivier Guillard, chercheur à l'IRIS, et Seidik Abba, de Panafrican News. Pour servir ici d'exemple et surtout pas de cas d'espèce, car il serait aisé de trouver ailleurs reprises les mêmes contenus, parfois avec les mêmes mots.
2.
In Le Monde, du 13 juillet 2007.
3.
Sur les 192 États que compte le monde, huit (pour l'instant) sont laïques, au sens où est constitutionnelle la séparation du religieux et de l'État, soit moins de 4%. Ce sont: la Belgique, Cuba, la France, l'Inde (mais Pratibha Patil?), le Japon, le Mexique, le Portugal, la Turquie (mais le gouvernement islamique), l'Uruguay. Neuf, avec la République et canton de Genève. Avec des formules et des bonheurs divers, cent-vingt pays se réfèrent à la démocratie.


© Photographie:
Un homme repeint en rouge les murs de la mosquée Rouge. L’inscription du haut signifie "les martyrs de l’islam". En dessous, "la mosquée martyre". Crédits : Reuters/Adrees Latif.

mercredi 4 juillet 2007

L'avertissement britannique




Un attentat n'est pas manqué parce qu'il ne fait pas le nombre de morts escompté, et sa gravité ne se mesure pas pas au nombre des victimes. On entend dire: "Par bonheur personne n'a été tué", mais pour notre malheur ces attentats existent, et ne manquent pas d'affirmer leur sens.

Ainsi, des attentats auront-ils été préparés à Londres et en Écosse par des médecins, ou du moins sont-ils arrêtés pour ce motif. Ainsi, dès le lendemain, Al-Qaîda qui partage avec Hitler, entre autres particularités, cette capacité à prévenir de ce qu'elle veut faire et à faire ce qu'elle dit, déclare dès le lendemain aux Britanniques: "Ceux qui vous soignent sont ceux qui vous tueront". Comment être plus clair? Outre le fait que cela réduit à néant tous ces sophismes des milieux islamo-ultra pour disculper la peste verte, ou lui trouver des raisons, en lui prêtant un rôle anti-impérialiste ou même de force liée aux mouvements de libération nationale, outre le fait qu'il est encore plus illusoire de lier ce terrorisme totalitaire à la pauvreté et à l'ignorance de ceux qui le pratiquent, ce que les liens financiers de la mouvance démentaient depuis longtemps, nous sommes maintenant prévenus que c'est au sein de nos services publics, et par des personnels parfaitement intégrés à son fonctionnement que vont se développer ces attaques contre la santé, l'école, la justice, le droit, la sécurité élémentaire, les infrastructures de transports, de loisirs, et d'énergie, partout où nous tentons de nous rassembler, nous rapprocher, nous confronter dans les rapports de forces inhérents à toute vie démocratique, partout nous devrons maintenant compter avec le terrorisme, et le sabotage, sans qu'il soit pourtant clairement isolé et dénoncé par nos politiques des deux bords.

Qui seront les premiers mais pas les seuls et, pour l'instant, les plus gravement menacés de cette rupture fondamentale du lien social par le minage des services publics, sinon les acteurs musulmans de la santé, du droit, de l'enseignement, des grandes entreprises, que les haines ne manqueront pas de désigner aveuglément comme des assassins potentiels? Et plus généralement, n'est-ce pas le but de ces attentats dans nos pays que de stigmatiser, pauvres parmi les pauvres, les citoyens et familles musulmans, et tenter de les désolidariser du droit démocratique et des garanties sociales et politiques élémentaires pour au passage, en radicaliser quelques-uns? Même si les femmes musulmanes de France en revendiquent parfois le choix, le traitement physique, politique, social et moral, à elles infligé depuis plusieurs années, en toute impunité voire avec l'encouragement d'institutions comme la Halde, n'est qu'un tout petit début, un marqueur pur et simple de territoires publics, administratifs, scolaires, urbains, échappant d'ores et déjà à la loi commune démocratique. Les temps sont proches où, dans certaines villes et certains quartiers, des non-musulmanes devront également (!) sortir voilées pour éviter les persécutions, au prétexte que leurs peaux seraient provocatrices ou manqueraient de respect, les "modes" déjà sans frontières des jupes portées sur les pantalons annoncent l'ampleur des renoncements. La stratégie est délibérée, construite et animée par des hommes politiques, musulmans et non-musulmans, de droite comme de gauche, riches, instruits, intégrés aux centres vitaux des démocraties européennes, pour servir, volontairement ou non, un projet de domination mondiale qui n'a rien de spontané, de réactif, de flou ni d'insaisissable. Et tous les tenants et aboutissants nous auront été pédagogiquement explicités par les criminels eux-mêmes. Nous savions. Exactement comme Mein Kampf.

© Photographie: Défilé de mode anglaise. Auteur non identifié, tous droits réservés.