Mal nommer
les choses, c'est ajouter

au malheur du monde.

Albert Camus.


dimanche 27 novembre 2011

La nébuleuse "Ralentir travaux"



Ceux qui nous suivent le savent déjà, Ralentir travaux est le centre d'un ensemble de quinze dossiers à vocation différente: Liber@ Te pour les questions de politique et de libertés, Italiana, Manhattania, Judaica pour nos principales attaches culturelles, et un groupe de dossiers sur le cinéma, Les Trains de Lumière, complété de plusieurs dossiers spécialement consacrés à Paul Carpita, Bruno Dumont, Jean-Luc Godard, Raphaël Nadjari, Danièle Huillet et Jean-Marie Straub, et Frederick Wiseman. Au-delà de mes dettes personnelles, un dossier particulier est aussi consacré à la mémoire de Maximilien Vox et, Les Goûts réunis, à la cuisine de Tunisie et d'Italie. Penser par Images et par sons donne accès à des photographies, de la peinture, des films et des sons. Enfin, Édits et Inédits donne accès à divers textes dont chacun jugera de l'intérêt.

Nous y ajoutons aujourd'hui une page Facebook, spécialisée dans le cinéma et surtout dans les délices visuelles et sonores plus brèves, et plus éphémères qui ne seront pas publiées dans notre site, bien trop sérieux pour ces batifolages, dommage! Elle mentionnera toutes les nouveautés du site pendant un trimestre, mais ne conservera que les notes autour du cinéma. L'économie particulière de la page Facebook permet le recours aisé à des nouvelles brèves, des images, des vidéos et à leur partage, que nous ne pouvons envisager de mettre sur le site lui-même, malgré leur intérêt. Par ailleurs, tous les commentaires y seront ouverts sur tous les articles du site. Nous invitons nos lecteurs à nous rejoindre aussi sur notre page Facebook.

© Francesco Angelini: La Luna, in Penser par images et par sons.

lundi 14 novembre 2011

Quinze jours de l'automne européen




Ainsi, ce que n'ont pu vraiment obtenir les manifestations et les rassemblements pourtant importants durant des mois et des mois en Grèce, en Italie et dans toute l'Europe, s'est accompli en moins de quinze jours. Examinons un instant les nouveaux venus, dans leur ordre d'entrée en scène:

• 1er novembre 2011: Mario Draghi succède à Jean-Claude Trichet à la tête de la Banque Centrale Européenne (BCE), chargée de l'émission de l'euro et du contrôle de la politique monétaire européenne. Responsable des privatisations en Italie de 1993 à 2001, Mario Draghi a été vice-président de la branche européenne de la banque d'affaires américaine Goldman Sachs entre 2002 et 2005, avant d'être nommé gouverneur de la Banque d'Italie jusqu'à sa prise de fonction à la tête de la BCE.

• 10 novembre 2011: en Grèce, Loukas Papadimos est nommé Premier Ministre, au lendemain de la démission de Geórgios Papandréou. Pour la première fois depuis la chute des colonels, l'extrême-droite grecque participera au gouvernement d'union nationale. Après avoir été à partir de 1980 conseiller économique de la Federal Reserve Bank de Boston, il devient en 1984 économiste en chef de la Banque de Grèce, avant d'en être nommé le 1er décembre 1993 gouverneur adjoint puis gouverneur jusqu'en 2002, où il prépare le passage de la Grèce à l'euro, grâce aux comptes falsifiés par les experts de Goldman Sachs. Ce n'est qu'en février 2010 que les révélations du New York Times permirent de mesurer la responsabilité directe du groupe financier américain dans l'aggravation de la crise de la dette publique grecque, par diverses manipulations qui ont rapporté à cette banque trois cent millions de dollars. De 2002 à 2010, Loukas Papadimos a été vice-président de la BCE.

• 13 novembre: en Italie, le sénateur à vie Mario Monti est chargé de former le nouveau gouvernement, après la démission de Silvio Berlusconi. Auparavant, ce grand universitaire était depuis 2005 International Advisor pour Goldman Sachs. Il est également membre du comité de direction de la conférence Bilderberg, un club informel réunissant chaque année ses cent trente membres environ — diplomates, hommes d'affaires, politiciens et journalistes — pour produire des réflexions et des bilans dont nul ne sait à peu près rien. Ajoutons à sa décharge que s'il se retrouve aujourd'hui à la tête d'une équipe de technocrates pour gouverner le pays, c'est uniquement parce que les irresponsables des différents partis, de droite comme de gauche, ont refusé toute implication plus démocratique dans les mesures forcément impopulaires que Mario Monti devra prendre, pensant qu'ils peuvent attendre en toute quiétude les prochaines élections qui se tiendront — au plus tard — au printemps 2013.

Quant à la banque d'investissement, de capitalisation et d'échanges, de gestion d'actifs et d'assurance The Goldman Sachs Group Inc. dite The Firm: en avril 2010, la Securities and Exchange Commission a poursuivi Goldman Sachs pour fraude durant la crise des subprimes. En mai 2010, le Département de la Justice a ouvert une enquête pénale sur Goldman Sachs au sujet de «vente de titres adossés à des crédits hypothécaires à risque», à la suite de quoi, le 2 septembre 2011, le gouvernement fédéral a entamé de nouvelles poursuites judiciaires contre Goldman Sachs pour son rôle dans la crise des subprimes, à l'origine de la crise économique qui a largement contribué à mettre à bas les économies européennes.

© Photographie: Manhattania. Maurice Darmon, Reflets dans un œil d'or. Voir aussi nos Images.

samedi 12 novembre 2011

La question iranienne


Nous rééditons ce texte du 21 février 2008:
Mais de qui parle-t-on ici si tard? pour son actualité retrouvée. Nous le faisons suivre d'une chronique de Caroline Fourest, Ne bombardez pas l'Iran, publiée dans Le Monde de ce samedi 12 novembre 2011.

1. Mais de qui parle-t-on ici si tard? — Pur jeu de l'esprit, supposons un instant ce drame avéré: l'Iran a la maîtrise de l'arme nucléaire. Peut-on imaginer que, à horizon prévisible, les USA tentent de le désarmer par une intervention militaire, qu'il ne pourra même plus présenter comme "chirurgicale"? Après l'Irak, la façon dont se sont nouées alors les alliances, le désastre politique après la victoire militaire, la réponse est rigoureusement non. Quel pays sera alors si directement menacé, le but explicite de la bombe étant de le rayer de la carte du monde, que, n'ayant plus rien à perdre, il n'aura d'autre solution, au minimum, que lancer des raids destructeurs sur les installations iraniennes? Qui aura la force et les arguments pour lui imposer la "politique de retenue"? Quel État osera alors lui apporter clairement son soutien politique, afin de tenter de modifier les rapports militaires et politiques en présence? L'un de ces États d'Europe, qui auront si lourdement tergiversé, remis à plus tard de véritables sanctions internationales, seules peut-être encore susceptibles d'aider ceux qui, en Iran même et dans le monde arabe, ne sont pas encore convaincus que l'avenir de leurs pays passe par cette volonté d'élimination, si clairement exprimée par certains de leurs dirigeants? Certains de ses ennemis actuels pourraient bien comprendre l'urgence d'un tel renversement d'alliances avant ceux qui se disent ses alliés naturels et historiques. L'Organisation des Moudjahidins du Peuple Iranien, mouvement d'opposition en exil au régime de Téhéran, classée sur la liste des organisations terroristes de l'Union Européenne, révèle ce 20 février (Le Monde, 21 février 2008) que la république Islamique œuvre à la mise au point d'un missile à tête nucléaire, et donne des précisions sur les sites et les responsables concernés. L'AIEA visite et contrôle ailleurs, le Renseignement américain jure que la fabrication des ogives a cessé en 2003. L'OMPI avait d'ailleurs déjà signalé en 2002, lors d'une conférence de presse à Washington, l'emplacement de deux sites nucléaires secrets. Pur jeu de l'esprit, vous dis-je.

© Photographie: Maurice Darmon, Femme de paix à Sderot, tirée de notre diaporama: Gens de là-bas.


2. Ne bombardez pas l'Iran. — La théocratie iranienne est un ennemi peu enviable. Le fou messianique qui lui sert de président, Mahmoud Ahmadinejad, représente un danger certain. Ses menaces, son envie répétée de rayer Israël de la carte, ne doivent pas être écoutées d'une oreille distraite. La perspective de voir cet Iran-là se doter de la bombe nucléaire — confirmée par le rapport de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) — est tout simplement glaçante. Pourtant, rien ne serait pire que de voir le gouvernement israélien perdre ses nerfs et bombarder l'Iran.

Il existe mille arguments avancés par le gouvernement israélien pour minimiser l'impact d'une telle opération. Il suffirait de frapper un élément de la chaîne, au bon endroit, pour retarder le programme nucléaire de vingt ou trente ans. Une frappe chirurgicale, comme ce fut le cas en Irak il y a quelques années. Ce ne serait pas si compliqué, pas si grave. L'Arabie saoudite, que l'on sait très inquiète de son rival chiite, ne devrait voir aucun inconvénient à ouvrir son espace aérien. Bref, tout serait au mieux dans le meilleur des mondes. Sauf que ce monde n'existe pas.

On peut faire confiance au régime iranien pour avoir enterré ses installations sous des sites entourés de civils. Les frappes entraîneraient des morts. Ces frappes, ces morts, soulèveraient logiquement l'indignation... dans un monde en ébullition. Le leadership américain est en berne, l'Europe aux prises avec ses dettes, les mouvements islamistes commencent à récolter les fruits du printemps, la Chine et la Russie pèsent comme jamais. Dans ce contexte, une frappe israélienne sur le sol iranien laisse entrevoir des répercussions dignes d'une catastrophe nucléaire, à l'échelle politique.

Le premier effet sera d'obliger le peuple iranien à souder les rangs autour d'un régime qu'il déteste. De stopper le pourrissement intérieur qui ronge la «mollahcratie». Mahmoud Ahmadinejad est plus fragile que jamais. Le Guide suprême, qui le tient en laisse, hésite à le congédier. Une bombe israélienne peut lui sauver la mise. Comme elle risque d'offrir un peu d'oxygène à Bachar Al-Assad et à ses massacres, de plus en plus contestés, même au sein de la Ligue arabe. Elle donnera certainement un coup de fouet spectaculaire aux Frères musulmans en Égypte, déjà très en forme. Un coup de pouce à l'islamisme en général. Sans parler du risque de flambée antisémite, qui se ravive chaque fois qu'Israël se met en tort. Ce qui arrive, décidément, trop souvent. Le gouvernement israélien deviendrait indéfendable.

C'est peut-être la seule chose positive qui pourrait sortir de ce chaos (1). Après un tel coup de force, Israël devra bien stopper l'escalade. Geler ses colonies, remettre le processus de paix en marche ou reconnaître l’État de Palestine à l'ONU. Ce qui ressemble à une utopie n'est rien d'autre que la seule solution dictée par la raison. Amorcer, au plus vite, la désescalade au Proche-Orient. Ne laisser aucune chance à l'Iran d'être soutenu. Pour que la communauté internationale puisse prendre les mesures qui s'imposent: couper toute relation avec Téhéran. Dans l'espoir que ce régime tombe, avant qu'il n'ait vraiment la bombe.Caroline Fourest, chronique dans Le Monde du samedi 12 novembre 2011.

1. Si je trouve ce texte tout à fait important, je ne partage pas cette inconcevable absurdité. Israël serait-il alors contraint de stopper l'escalade que ce serait dans une telle défaite politique et peut-être même militaire, qu'il serait dans la pire des positions de faiblesse pour aborder l'étape supposée de processus de paix. Rien de positif là-dedans.

© Photographie: Knight Ridder, de Peter Andrew Bosch, Téhéran. Young women sit at a outdoor cafe in the mountains north of Tehran. The youth has become more daring, many girls wear make-up, and expose more and more hennaed hair with the chadors back on their heads. The girls risk jail, fines and official beatings. — Jeunes femmes assises à la terrasse d'un café dans les montagnes au nord de Téhéran. La jeunesse est devenue plus audacieuse, de nombreuses filles se maquillent et montrent toujours davantage leurs cheveux passés au henné, en portant leurs tchador en arrière. Les filles risquent la prison, des amendes et des peines de flagellation.
Elles se maquilleront encore quand les fouets auront disparu.

vendredi 11 novembre 2011

Lettre 19: automne 2011




Notre raison d'être: Liber@ Te:
Des pays plus libres: 1. Vers l'hiver égyptien. — 2. Pour une troisième Constitution tunisienne, un texte du professeur Ali Mezghani: Fonder un État de droit et refuser la théocratie, édité dans Le Monde.fr du 21 octobre 2011. —
De l'écologie politique: 1. Le déficit terrien.
Libertés pour le présent: 1. Du personnel d'État à haut risque. Un ministre de l’Éducation Nationale et les siens, aiguilleurs de l'enfer. Signalement d'une meute à hauts risques.

Notre delta fertile:
Judaïca: 1. Samy Cohen: Incertain printemps social israélien. La justice concerne aussi les Palestiniens. Le Monde, 27 août 2011. — 2. I had a dream, réédition partielle d'un billet paru le 3 octobre 2009 dans Manhattania. — 3. Stéphanie Latte Abdallah et Cédric Parizot: À l'ombre du mur (Actes-Sud), un compte-rendu de lecture de Gilles Paris sur Le Monde du 8 novembre 2011.

Notre cinéma:
Les Trains de Lumière: Ingmar Bergman: Au seuil de la vie.
Pour Jean-Marie Straub et Danièle Huillet: 1. Suite de l'édition intégrale aux éditions Montparnasse: tome 6. Notes sur huit films.
Pour Bruno Dumont: 1. Hors Satan (2011), son dernier film.

Des images:
• Nos images: 1. World Trade center, dix ans après. — 2. Table complète des diaporamas.
Penser par images et par sons: Rome, printemps 2011, 51 photographies. — Éveline Lavenu complète régulièrement ses albums de croquis, acryliques et gouaches.

Autres dossiers
(rappel)


Notre delta fertile:
Manhattania: Ian Ference: Les ruines de New York, archéologie d'une métropole.
ItalianaPour Maximilien VoxLes Goûts Réunis: recettes de cuisine.

Notre cinéma (autres dossiers):
Pour Jean-Luc Godard. — Pour Paul Carpita; — Pour Raphaël Nadjari.
• Ouvrage en préparation: Pour Frederick Wiseman. Nos notes détaillées sur ses films ne sont plus accessibles en ligne. Nous préparons un ouvrage sur l'œuvre du cinéaste, à paraître, nous l'espérons, en 2012. Demeurent les nouvelles informatives, la documentation, des articles invités et divers entretiens avec le cinéaste.

Nos fictions: Édits & Inédits: plusieurs textes souvent assez longs, publiés ou non, qu'il convient d'imprimer selon les envies, dont on retrouvera la liste en accueil.

© Photographie: Maurice Darmon: Le Capitole, tiré de Rome, printemps 2011.

En librairie



La question juive de Jean-Luc Godard
Pour John Cassavetes
Si vous préférez les commander aux Éditions Le temps qu'il fait,
cliquer ici.

mardi 8 novembre 2011

À l'ombre du mur (Actes-Sud, 2011)



À l'ombre du mur, un ouvrage collectif réalisé sous la direction de Stéphanie Latte Abdallah et Cédric Parizot, vient de paraître aux éditions Actes-Sud. En attendant d'y revenir par notre propre lecture, Gilles Paris publie dans Le Monde du 8 novembre 2011, ce compte-rendu déjà fort précis.

Un mur trompeur. — Quelle fonction pour un mur? En bonne logique, un mur barre le passage, sépare, divise, protège au besoin. À Berlin naguère, comme le long de la frontière entre le Mexique et les États-Unis aujourd'hui. En bonne logique, il devrait en aller de même avec le «mur» israélien érigé en Cisjordanie qui, sur la très grande majorité de son tracé, est constitué d'une clôture sophistiquée doublée d'une tranchée et bardée d'électronique. Décidé en 2002 par un gouvernement dirigé par la droite à partir d'une idée née à gauche, ce «mur» a pour raison d'être officielle la protection des citoyens israéliens contre les attentats perpétrés par des Palestiniens infiltrés.

Sauf que ce dispositif de contrôle, le plus imposant et le plus coûteux jamais réalisé depuis la conquête militaire de 1967, trompe son monde, s'il faut en croire un ouvrage collectif dont le titre, À l'ombre du mur, rappelle une autre fonctionnalité d'une telle construction: celle de masquer. En l'occurrence, il s'agit moins de dissimuler aux regards israéliens ces Palestiniens qu'ils ne veulent plus voir que la singularité de la politique adoptée par leurs gouvernements successifs.

Une politique honteuse en ce qu'elle s'inscrit à rebours du discours officiel de quête d'une résolution du conflit sur la base de deux États, Israël et la Palestine, et qui passe, croit-on, par la séparation physique que matérialiserait d'ailleurs le «mur», conformément à l'adage qui veut que les bonnes frontières font les bons voisins.

Fruits du travail de chercheurs israéliens, palestiniens et internationaux, les contributions souvent iconoclastes rassemblées par Stéphanie Latte Abdallah et Cédric Parizot, tantôt micro-sociales, tantôt macro-sociales, montrent que plutôt que de mettre fin, radicalement et unilatéralement, à l'occupation, quitte à annexer quelques pourcentages de terre palestinienne à Israël, le «mur» réaménage et banalise le contrôle israélien sur les territoires occupés. Tout bonnement parce que des dizaines de milliers d'Israéliens continuent sous la protection de l'armée de vivre de l'autre côté de la muraille, y compris dans des colonies isolées qui ne seront jamais rattachées à Israël dans l'hypothèse de plus en plus hypothétique d'un règlement de paix.

À l'ombre du mur a pour principal mérite de substituer les études de cas aux différents types de plaidoyers que le conflit israélo-arabe inspire généralement, au risque de lasser. Cette approche qui s'attarde judicieusement sur le tourisme politique et l'enjeu que constitue le pèlerinage à Bethléem permet de renouveler un regard trop souvent obscurci par les éléments de langage déployés de part et d'autre.

Le «mur» n'est pas le seul subterfuge qui permet d'escamoter l'occupation, la privatisation des check-points qui corsètent la Cisjordanie et la sous-traitance à la communauté des donateurs internationaux du fardeau budgétaire qu'est l'Autorité palestinienne en sont d'autres. La gestion des prisonniers palestiniens, prisonniers dits «de sécurité» désormais intégrés au système carcéral civil israélien, ou bien la permanence des trafics en direction du «marché captif» palestinien, montrent qu'à mille lieues de la séparation, c'est plutôt une imbrication renforcée qui se met en place et dans laquelle se dissout l'idée même de frontière. — Gilles Paris, Le Monde du 8 novembre 2011.

Stéphanie Latte Abdallah et Cédric Parizot sont chercheurs à l’Institut de recherches et d’études sur le monde arabe et musulman (CNRS) à Aix-en-Provence, où Cédric Parizot est également coordinateur du pôle EuroMed de la Maison Méditerranéenne des Sciences de l'Homme.

© Maurice Darmon: Jérusalem, le mur, une colonie, tirée de l'album collectif Les gens de là-bas réalisé au cours d'un voyage d'études avec Shalom Arshav / La Paix maintenant, en Israël et en Palestine en novembre 2009, que nous avons relaté dans Israël / Palestine, l'entrée de l'hiver.